Partager l'article ! Voyage hors des hordes en Iran- Novembre 2007: Choc culturel nécessaire pour un Européen: j'ai en effet découvert que nos racines artistiques ...
Les Passions de Saint Mathieu
Choc culturel nécessaire pour un Européen: j'ai en effet découvert que nos racines artistiques et notemment l'art ornemental
vient de ce pays, plus connu pour nous sur les bancs de l'école sous le nom de Perse, ou Empire Persan.
Pour les femmes européennes, il faut passer le cap psychologique qu'est le port du foulard, et surtout de s'habiller sans forme; l'idée est de tout cacher et de ne rien suggérer. Même les
'leggings' sont hors la loi. Je me suis fait assassiner du regard par une femme en burka noire croisée dans le bazar le jour où j'en portais sous un manteau au genou!
Mis à part ce détail (!) le peuple Iranien est incroyablement accueillant, tolérant, ouvert et cultivé.
Ils sont tous aussi artistes et c'est un bonheur que de les voir travailler l'art de la miniature dans les échopes.
Les iraniens ont soif de rencontre et d'échange notemment les jeunes ou les générations qui ont beaucoup voyagé hors d'iran à une certaine époque et en ont gardé une certaine
nostalgie-souvenirs de Paris! En effet la France jouit d'un apriori favorable et surtout Paris.
Ispahan (prononcez Esfahan) illustre cette tradition de tolérance héritée de l'empire perse qui fédérait plus d'une vingtaine de "provinces".
Au départ la réligion était "zoroastrienne", c'est à dire célébrait le culte du soleil, ceci dans des temples toujours carrés, figure que l'on retrouve en permanence dans l'architecture et la
symbolique Perse.
Puis la religion musulmane a petit à petit conquis l'histoire de l'Iran, mais tout en cohabitant avec la religion chrétienne ( par les Arméniens) et les religions hindoues. Car l'Iran est au
coeur de la route de la soie, et a eu dans ses provinces "soumises" des contrées indiennes.
Au départ et il y a très longtemps (plus de 20 siècles) était un délire fou, Persepolis. Antérieur de peu à la construction de l'Acropole d'Athènes, Persépolis revendique son avance sur les
Grecs,son rival.
Ville-palais perdue au milieu du désert -l'Iran est un désert à 2000 mètres d'altitude- occupée seulement au printemps pour y célébrer le nouvel an par l'Empereur qui recevait toutes ses
provinces vassales.
Ces photos montrent bien la prédominence de la figure carrée, dans la construction du plais comme dans les tombeaux insérés dans la roche montagneuse, et d'une taille surprenante.
J'ai appris que les Perses se disent les héritiers de la race aryenne et Hitler s'est inspiré du symbole zoroastrien pour en faire celui de la croix gammée en le reprennant à l'envers(sens des
aiguilles d'une montre)
A Ispahan la présence d'un quartien Arménien témoigne du métissage religieux de l'ex empire.
ll est intéressant de voir
l'intérieur de cette église où les cloches sont sonnées à la main devant le porche par un fidèle: la fresque est de facture classique "romaine" mais l'ornementation est identique à ce que l'on
trouve à l'intérieur des mosquées!
Isfahan: une ville bijou que j'ai préférée, de loin à Shiraz. Notemment ses ponts.
J'aime ce contraste entre la rudesse de la pierre et la sophistication de la céramique bleue qui vient sobrement l'orner.
Le dét
ail de cette céramique de Shiraz montre à quel point notre culture ornementale s'inspire de cette région, notemment le style empire avec coupe et médaillon: même la
maison a l'air européen.
On mange assis en tailleur sur des lits bas des kebabs et du
riz. L'ambiance est active, conviviale et bon enfant.
L'intérieur de cette mosquée de Chiraz est entièrement réalisé en
petits miroirs. La construction des mosquées obéit toujours à ce principe architectural du passage du carré -au sol- au rond -la coupole, avec les séries d'arcs coupés intermédiaires: d'abord 4
puis 8, puis16...etc.
