Photo-portrait-MFSM_14-.jpg   Les Passions de Saint Mathieu           
     'Beau, Bonheur, Bien-être' comme Booster pour les marques

Voyages

Lundi 19 mai 2008 1 19 /05 /Mai /2008 16:06

 

 

Les valeurs et les fondements de la culture indienne et de son 'ART deVIVRE'

 

 

L'inde: une culture et un art multimillénaire


 Les chinois avaient compris que les indiens avaient un savoir faire spécifique pour la réalisation de sculptures et autres objets d'art comme les bijoux. Ils faisaient venir le jade de Chine pour le faire sculpter là bas. Déjà à l'époque Maurya ils sculptent à partir du bois, puis en pierre à la façon du bois stupas, arches, grottes.

Ensuite l'époque Kushana est une période fondamentale pour l'art indien alors fécondé par l'art grec: premières représentations figurées du bouddha et de la trinité hindoue.


                                                                      
L'art classique indien, LA grande période s'étend du 4ème au 9ème siècle: maîtrise extrême de la sculpture qui contraste avec les siècles précédents, érections de temples essentiellement dans le sud de l'inde.
                                                                                              


Puis vient l'art Moghol, dont le Taj Mahal est un célèbre exemple. Style ecclectique, perse, hindoue et européen. L'influence farcie a laissé son empreinte particulière de l'art de la miniature grâce à l'école de peinture dirigée sous Akbar par deux maîtres de peinture, ainsi que l'art de la musique.La danse et la musique sont les arts de prédilection des indiens, transmis par les gourous grâce à une tradition orale.


Sous le règne de Jahangir les arts sont protégés et se développent , notemment le portrait et le naturalisme. Enfin Shah Jahan cultive l'art des jardins mettant en valeur les fastueux édifices du Taj Mahal atteignant l'harmonie parfaite.

                                                                



Grâce a Ghandi qui a permis une révolution en douceur en libérant l'Indien du tribut britanique en lui apprenant à tisser, il existe une multitude de traditions textiles car celles ci sont exécutées à la main, au village, à la maison et transmises oralement.


La route des épices a également élevé l'inde au niveau culinaire, développé le savoir faire de la soie et l'intégration du Cachemire des traditions du travail de l'argent.
La tradition des bijoux travallés vient de Gujarat, celle des pierres précieuses et semi-précieuses de Jaipur.

       

L'inde entre tradition et modernité:

 

 

            - La religion et la spiritualité: partout présente, dans le quotidien. Les mini autels ornés de fleurs jaunes et oranges fleurissent dans les étalages de vendeurs de rues. Sur la calandre avant des voitures, des camions et des taxis on va trouver des fleurs et des fruits sensés protéger d'une mauvaise panne ou accident; on croise dans les hotels des femmes transportant des coupelles remplies de poudre vermillon, noir, jaune safran ou blanche pour la pose du tilak (troisième oeil au centre du front) censé porter bonheur.

Enfin les vaches sacrées sont dans la rue, et protégées par la population.

Beaucoup d'Indiens sont végétariens car ils préfrent vivre avec l'idée qu'ils évitent de sacrifier des vies animales pour leur propres besoins.

Ce respect de la nature et de l'environnement fait de l'Inde un pays à part, qui gère sa croissance de façon très différente de la chine.

 

                                    

            - La solidarité: Il est frappant de voir qu'à l'intérieur même de la société indienne, des personnalités se mobilisent contre la pauvreté et le statut des femmes en créant des entreprises ou des coopératives qui vont offrir du travail aux gens de la rue afin de leur donner un statut ou d'éviter l'exode rural et la déchéance dans les villes.

 

            - La couleur dans la vie et la vie dans les couleurs: l'oeil est tout de suite attiré par le foisonnement de couleurs vives qui inondent le quotidien: tenues des hommes, femmes enfants, camions, temples, étalages, bijoux, produits utilitaires pour la maison. Ceci est pour moi le reflet de cette joie de vivre permanente, du soleil permanent et de la philosophie de l'existence positive?...

Prédominance du bleu turquoise, vert vif, jaune safran, et rose 'indien'

 

           - L'ayurveda est partout accessible, de la plus basique prestation  à la plus tendance  ou luxueuse -cf www. anandaspa.com-en passant par l'approche grands groupes locaux: Himayala qui va commencer à vendre en grande distribution en France.
                                    
      

Mais qu'est-ce que l'ayurveda.?

 "Science de la vie" ou "savoir sur la longévité", l'ayurveda est un antique système médical indien, dont les principales théories furent fixées par les rishis de l'époque védique (le vedisme= une religion apportée par les Aryens, 5000 ans av JC). Comme toute médecine, l'ayurvéda comprend plusieurs branches: médecine générale, pédiatrie, gériatrie, ORL, toxicologie, toxicologie, medecine interne, chirurgie. Extrêmement complexe et codifiée, cette science ne traite pas les symtomes mais la personne en entier (un peu comme l'homéopathie chez nous) dans son rapport avec son environnement. Selon l'ayurveda, il y aurait trois "constitutions" majeures, (les doshas): vata, pitta et kapha. Ce sont les interactions entre ces doshas et leur équilibre qui déterminent la complexion de chacun sur le plan physique, émotionnel, intellectuel et spirituel. Par exemple un déséquilibre vata peut engendrer anxiété, nervosité et insomnie, tandis qu'un déséquilibre pitta provoquera l'irritabilité et la colère et, de ce fait, éruptions cutanées ou inflammations. Pour determiner la constitution d'une personne, comme pour établir un diagnosic, le médecin utilise différents procédés tels que la prise de pouls, l'observation de la peau, de la langue, etc. Selon son analyse, le thérapeute aura recours à la pharmacopée, à base de plantes, aux massages, aux exercices de yoga, a la méditation et même à la diététique.

Les traitements aurvédiques sont souvent longs, 15 jours minimum, pour la plus simple cure.

Aujourd'hui, la pratique de l'ayuverda en Inde connaît un véritable renouveau, notemment dans le sud du pays. Au Kérala par exemple, les cliniques ayurvédiques ont poussé comme des champignons et attirent de plus en plus une clientèle occidentale: l'activité a connu une augmentation de plus de presque 100% en 5 ans! Le plus célèbre des massages indiens s'appelle 'abhyanga' apporte détente du corps et de l'esprit.


               -La parure: Les femmes restent attachées à leur parure traditionnelle, faite de couleurs, vives mais raffinées dans leur association (il y a comme un sixième sens de la compréhension des couleurs complémentaires), de fils d'or ou d'argent et complétées de bijoux: de pied: les orteils sont ornés d'anneau pour les femmes mariées, de bracelets de pied et de multiples bracelets multicolores au sons tintinabulants et de colliers qui signent la position hierarchique sociale. A voir, une enfilade de fleurs dans une natte, un raffinement extrême.

 










Certes toutes les femmes ne portent plus le sari, mais les plus jeunes l'ont troqué contre des tuniques dites 'kurta' courtes -'mi-cuisse'- ou longue -au dessous du genou avec pantalon -'churidar' - assorti à la coupe étrange : extrêmement long, fin au bas des jambes et très large en haut, se fermant par un cordon; une fois enfilé il a l'esprit d'un sarrouel, avec le bas tombant en accordéon, créant un plissé tout particulier.

Dans le principe très organisé des castes, la femme est considérée comme sans statut, la dernière de la hiérarchie tant qu'elle n'est pas mariée. Elle prend alors le statut de son mari.                       

L'organisation de la société indienne

 

(L'inde, c'est une anarchie qui fonctionne- Galbraith)    

 

            - L'organisation économique: peu de grosses usines (sauf Tata et Mittal), le tissu économique est à base de villages artisanaux. cela en fait la richesse, car la multiplicité des styles et traditions se maintient mais aussi la difficulté car cet artisanat est très fragmenté et necessite d'avoir une approche régionale par type d'objets recherchés.

L'inde qui subit la concurrence de la chine dans le textile a choisi de s'en sortir vers le haut, en vantant un savoir-faire ancestral dans le travail du textile et la richesse de ses étoffes. C'est cela qu'il faut promouvoir et qui a du sens contrairement à la chine qui fait du "jetable".

 

            L'histoire du Khâdi est très intéressante. Elle prend sa source dans l'histoire de l'indépendance de l'inde vis à vis des anglais. Pour libérer les indiens du joug économique de l'empire brittanique qui leur avait enlevé le droit de tisser le coton pour pouvoir leur revendre un produit issu des manufactures anglaises, Gandhi va se battre pour que chaque indien apprenne à subvenir à ses besoins en tissant ses propres vêtements pour lui et sa famille, à la main.

Le Khâdi est né, coton irrégulier filé à la main et tissé de façon unique par chaque village ou famille. Symbole de libération avant tout, il est aussi pourvoyeur de liberté du temps (on peut le faire quand on veut), de couleurs, de motifs.. C'est le symbole de l'indépendance économique, de l'emploi.

Le Khâdi est un vêtement en coton artisanal, dont la fibre est peu sérrée, irrégulière, bonne pour la peau car laisse respirer et a des qualités isolantes: rafraichit en été et isole en hiver.

          

                                        khâdi emporium

 

 

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Par MF de St Mathieu - Publié dans : Voyages
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Mercredi 27 février 2008 3 27 /02 /Fév /2008 17:06

Choc culturel nécessaire pour un Européen: j'ai en effet découvert que nos racines artistiques et notemment l'art ornemental vient de ce pays, plus connu pour nous sur les bancs de l'école sous le nom de Perse, ou Empire Persan.

Pour les femmes européennes, il faut passer le cap psychologique qu'est le port du foulard, et surtout de s'habiller sans forme; l'idée est de tout cacher et de ne rien suggérer. Même les 'leggings' sont hors la loi. Je me suis fait assassiner du regard par une femme en burka noire croisée dans le bazar le jour où j'en portais sous un manteau au genou!
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Mis à part ce détail (!) le peuple Iranien est incroyablement accueillant, tolérant, ouvert et cultivé.
Ils sont tous aussi artistes et c'est un bonheur que de les voir travailler l'art de la miniature dans les échopes.
Les iraniens ont soif de rencontre et d'échange notemment les jeunes ou les générations qui ont beaucoup voyagé hors d'iran à une certaine époque et en ont gardé une certaine nostalgie-souvenirs de Paris! En effet la France jouit d'un apriori favorable et surtout Paris.

Ispahan (prononcez Esfahan) illustre cette tradition de tolérance héritée de l'empire perse qui fédérait plus d'une vingtaine de "provinces".

Au départ la réligion était "zoroastrienne", c'est à dire célébrait le culte du soleil, ceci dans des temples toujours carrés, figure que l'on retrouve en permanence dans l'architecture et la symbolique Perse.

Puis la religion musulmane a petit à petit conquis l'histoire de l'Iran, mais tout en cohabitant avec la religion chrétienne ( par les Arméniens) et les religions hindoues. Car l'Iran est au coeur de la route de la soie, et a eu dans ses provinces "soumises" des contrées indiennes.

Au départ et il y a très longtemps (plus de 20 siècles) était un délire fou, Persepolis. Antérieur de peu à la construction de l'Acropole d'Athènes, Persépolis revendique son avance sur les Grecs,son rival.

Ville-palais perdue au milieu du désert -l'Iran est un désert à 2000 mètres d'altitude- occupée seulement au printemps pour y célébrer le nouvel an par l'Empereur qui recevait toutes ses provinces vassales.

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                                                                                                                                                                                                                                                              Ces photos montrent bien la prédominence de la figure carrée, dans la construction du plais comme dans les tombeaux  insérés dans la roche montagneuse, et d'une taille surprenante.
J'ai appris que les Perses se disent les héritiers de la race aryenne et Hitler s'est inspiré du symbole zoroastrien pour en faire celui de la croix gammée en le reprennant à l'envers(sens des aiguilles d'une montre)

A Ispahan la présence d'un quartien Arménien témoigne du métissage religieux de l'ex empire.
 


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Isphahan--glise-arm-nienne.jpg ll est intéressant de voir l'intérieur de cette église où les cloches sont sonnées à la main devant le porche par un fidèle: la fresque est de facture classique "romaine" mais l'ornementation est identique à ce que l'on trouve à l'intérieur des mosquées!
                                                       










Isfahan: une ville bijou que j'ai préférée, de loin à Shiraz. Notemment ses ponts.

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J'aime ce contraste entre la rudesse de la pierre et la sophistication de la céramique bleue qui vient sobrement l'orner.
Volontairement je ne parlerai pas de la mosquée de la place principale de la ville qui a une allure de Taj Mahal: en effet c'est le même architecte qui a réalisé ce dernier, inspiré de la mosquée pour un empereur indi qui avait perdu son fils et qui demeurait inconsolable... au point de tuer le fils de l'architecte afin qu'il comprenne sa douleur! Autres temps, autres moeurs.


Chiraz: la ville des roses et des poètes.


Les roses apparaissent sur les mosaiques des murs des mosquées à Shiraz et donnent un flair différent à l'ambiance intérieure des mosquées, les rendant plus chaudes et plus gaies.

Le dét Shiraz-mosqu-e-d-cor.jpg ail de cette céramique de Shiraz montre à quel point notre culture ornementale s'inspire de cette région, notemment le style empire avec coupe et médaillon: même la maison a l'air européen.






               












On dit que tout Iranien a sur sa table de chevet le Coran et le recueil du poète Hafez qui est un guide quotidien d'interprétation philosophique du Coran.


La ville comporte des mausolées à leur attention construits dans de très jolis jardins, où il fait bon flaner.
La France est pour moi le reflet de l'art de vivre quand
l'Iran exprime la douceur de vivre.

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Le Bazar: le coeur de la vie de la ville. On y trouve des épices, des étoffes au motif de cachemire -nappe, plaids, écharpes, manteau- des vêtements d'inspiration nomade et bien sûr des tapis, des pipes à eau et des bijoux, miniatures, céramiques, huiles essentielles parfumées, khôl: un festival de couleurs et d'odeurs!

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L'origine du motif cachemire.

J'ai également appris que ce motif contrairement à ce que l'on croit vient d'Iran et non d'Inde.

Il tire son inspiration de l'arbre cyprès. Démonstration:


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Les miniatures persanes

En chaque Iranien, sommeille un artiste peintre. L'école miniaturiste est toujours aussi développée, et cela ne vient pas d'ailleurs! Pour ma part cela a été un émerveillement, démonstration:

       Miniatures sur vieux papier.


Outre les couleurs qui m'ont charmée, j'aime particulièrement la représentation des chevaux dans le mode perse. Les thèmes sont récurrents et liés aux grands mythe de l'histoire perse.


miniatures sur os de chameaux


               



                                                fiole à khôl en os de chameau



Coup d'oeil aussi intéressant : les restaurants traditionnels d'inspiration nomade et orientale.

undefined On mange assis en tailleur sur des lits bas des kebabs et du riz. L'ambiance est active, conviviale et bon enfant.

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Coupoles en diamant

undefined L'intérieur de cette mosquée de Chiraz est entièrement réalisé en petits miroirs. La construction des mosquées obéit toujours à ce principe architectural du passage du carré -au sol- au rond -la coupole, avec les séries d'arcs coupés intermédiaires: d'abord 4 puis 8, puis16
...etc.


Fin du voyage. Départ de Chiraz pour Paris

Par marie-france de saint mathieu - Publié dans : Voyages
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Présentation

Profil

  • MF de St Mathieu
  • 11/06/1957
  • peinture curieuse décoration écriture communication
  • La création est le moteur de ma vie.Le sel de ma vie professionnelle et personnelle. J'aime partager mes réalisations, et découvrir sans cesse de nouveaux horizons pour nourir ma créativité. Enfin j'aime le Beau, l'élégance, les couleurs, les

Ré-créations & Révélations :

Naissance de  ma passion pour la peinture.                 
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Mon mari m’avait offert en 95 pour mon anniversaire un coffret de peintures aquarelle lors d’un voyage au Canada.
Lors de la visite des chutes du Niagara, je m’essayais dans cette nouvelle discipline, mais sans succès. Je n’arrivai pas à donner de style ni d’âme à ma peinture qui voulait trop photographier et coller à la réalité.
J’ai oublié dans un coin ce cadeau, pendant quelques temps, quelques années même, et un été, je l’emportais avec moi à Ré.
Pendant la sieste des enfants dans la petite cour-jardin en pierres sèches de la maison, située en face d’un atelier d’artiste, je commençais par dessiner une rose trémière: un classique de l’île pour ceux qui connaissent. Puis je ramassais des galets plats sur la plage « du petit bec », ou des bois polis par la mer pour les décorer de bateaux, de paysages de plage,  de phares, baleines, poissons...
Puis je m’inspirais des livres d’aquarelles de l’île pour acquérir les techniques du « less is more ». Plantais mes outils dans le « Fier d’Ars » pour saisir l’horizon et les harmonies de teintes mêlées de ciel et d’eau à marée basse.
Les amis m’en commandèrent, j’en offris autour de moi, je me suis alors hasardée dans d’autres matériaux  et d’autres styles : la peinture abstraite, d’influence asiatique, à l’huile ; des paysages classiques à l’acrylique…
Voilà comment la peinture est rentrée dans ma vie, à mon insu !
Ainsi que Ré, sa muse, dont je vais vous présenter le récit de cette rencontre, ce cadeau du ciel, que je partage à mon tour avec vous. .
 

Rencontre avec Ré

Ré – ncontre                                                                                                                                                             undefined
 
« Si on allait dîner à Ars ce soir ? »
« Bonne idée mais il faudrait téléphoner pour réserver au Café du commerce »
« Et louer deux vélos supplémentaires pour le week-end ! »
 
Les oiseaux des marais accompagnèrent le bruit régulier de nos roues dans la quiétude du crépuscule ; un spectre harmonieux de couleurs se réfléchissait sur les plans d’eau, le vent s’était couché et tout semblait apaisé, se préparait pour la nuit à venir. La nature retrouvait ses droits et nous y étions juste tolérés.
Instant d’éternité joyeux, moment de perfection saisi au temps, troublé ça et là par nos rires et nos cris.
Trop vite arrivés, quel dommage !
Mais un autre tendre bonheur se profilait au bout du village, en face du restaurant. Le port, tout à l’ouest baignait dans un coucher de soleil orange qui semblait nous attendre.
Une scène de théâtre où les ombres chinoises des mâts des bateaux cliquetaient dans une danse rythmée. Mais la soirée était fraîche et nous avions heureusement une table à l’intérieur.
 
Nous nous étions fait surprendre par la pluie le matin en revenant du marché et c’est tout naturellement que nous sommes rentrés dans la petite crêperie le long du chemin de la maison à la grande joie des enfants. Je n’avais jamais goûté aux charmes de la crêpe au caramel salé un matin pluvieux de vacances à la mer…Quelle sensation exquise…
A ma plus grande surprise, le soleil revenait toujours très vite, plus vite qu’on ne pouvait l’imaginer. On s’empressait alors de retourner sur la plage qui prenait des allures de méditerranée, avec ses pins sur la côte et ce soleil intense et brûlant, qui nous rendaient amnésiques des dernières pluies…
C’est ainsi qu’allongée sur le sable-bijou, aux mille coquillages de l’atlantique, je surpris mon oreille se coller aux entrailles de l’île. Un murmure fœtal  m’a alors enveloppée pour me révéler, avec émotion, le concept d’‘Ici et maintenant’ et d’impermanence, si asiatique. Sentir le bonheur d’être là, vivante, tout simplement. S’oublier dans la symphonie des couleurs de l’horizon, savourer cette lumière si particulière, cet équilibre si parfait de la terre et de l’eau, ce cordon virtuel qui nous relie à la nature originelle, en toute humilité.
 
Le retour d’Ars dans la nuit noire, sur les chemins cahoteux sinuant entre marais salants et réserves d’oiseaux, et égayé par le petit blanc sec du terroir,
 signa pour toujours mon attachement à cette terre.
 
Nous y avons fait de nombreux enfants elle et moi: naissance de mes premières aquarelles, de mes premières pêches aux coques, vide-greniers, achats de vareuses, incontournables pour le vent, longues randonnées à vélo, thalassothérapies, processions aux lampions du 15 août, courses quotidiennes de produits frais au marché, vacances entre copains dans de grandes maisons…
 
Bienvenue à Ré, ma belle adorée !
 
 
 
 
 
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